14/01/2005

Aviator

Date de sortie : 26 Janvier 2005

Réalisé par Martin Scorsese  Avec Leonardo DiCaprio, Cate Blanchett, John C. Reilly

Film américain.  Genre : Biographie

Durée : 2h 45min.  Année: 2003

 

Synopsis

 

Aviator couvre près de vingt ans de la vie tumultueuse d'Howard Hughes, industriel, milliardaire, casse-cou, pionnier de l'aviation civile, inventeur, producteur, réalisateur, directeur de studio et séducteur insatiable. Cet excentrique et flamboyant aventurier devint un leader de l'industrie aéronautique en même temps qu'une figure mythique, auréolée de glamour et de mystère.

 

Site officiel

 

Le Plus de la Fosse :

Un film qui promet de se placer dans la lignée de Pearl Harbor pour ce qui est des prises de vue, mais dont le scénario restera sans comparaison.


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Commentaires

Décolle pas Une nouvelle fois chez Scorsese, une volonté d’épater la galerie. Mais a-t-il la compétence de ses désirs ? Pour y arriver, il aurait fallu l’apport du génie de Paul Schrader à l’écriture. Jamais Scorsese n’aura atteint seul, les sommets obtenus avec Paul Schrader. Rappelons un instant les résultats de cette collaboration : « Taxi driver », « Raging bull », « La dernière tentation du Christ » et « A tombeau ouvert ». Schrader, c’est l’un des meilleurs scénaristes de l’Histoire du septième art, l’artiste qui savait condenser, densifier, délimiter un récit pour en obtenir une finition optimale.

« The aviator », part tout de suite très mal, avec ce rapport très étroit entre Howard Hughes et sa mère, qui va l’orienter vers une phobie des microbes. Si Scorsese commence par ça dans son film, c’est pour indiquer que cette phobie constitue la colonne vertébrale de son récit. Mais déjà on ne comprend pas bien si c’est le rapport avec la mère ou le rapport avec le microbe qui est important. De rapport avec la mère, il n’en sera plus du tout question. De rapport avec les microbes, oui, dans une névrose qui deviendra obsessionnelle, en lien étroit avec le perfectionnisme maladif qui caractérise Howard Hughes. Très bien, mais est-ce vraiment là que se situe le nœud du récit ? Oui et non. « The aviator », va par la suite s’orienter également vers un hommage au passé, aux pionniers du septième art et de l’aviation, le tout ponctué ci et là des névroses obsessionnelles d’Howard Hughes. Ca part dans tous les sens, et on assiste à une leçon d’histoire de cinéma et d’aviation, très peu passionnante, parce que très peu humaine et mal définie.

Il existe un lien étroit entre Scorsese et Hughes, se situant dans une ambition démesurée et le perfectionnisme mégalomaniaque. Scorsese ne s’en cache pas. Il existe également un lien très étroit entre Howard Hughes et William Randolph Hurst, autre magnat « visionnaire-mégalomaniaque-démesuré », dont Welles réalisa son chef-d’œuvre en 1941 avec « Citizen Kane ». Scorsese, tellement ambitieux, aura voulu se comparer à ce que l’on considère comme le plus grand film de tous les temps et qui n’est pas sans rappeler cette fable de La Fontaine écrivant sa grenouille qui voulait se faire aussi grosse qu’un bœuf. La comparaison est désastreuse pour Scorsese, car Welles avait lui, réussit à cadenasser son récit sur un rapport essentiel entre un fils et sa mère au sein d’œuvre aux pistes multiples et grandioses.

Scorsese aura sans doute voulu réaliser une œuvre sur la passion, mais qui ne passionnera personne d’autre que lui-même. On a beaucoup comparé Scorsese et Eastwood aux Oscars, mais là où Scorsese met de l’esbroufe, Eastwood y met de l’humanité.

Leonardo Di Caprio donne tout ce qu’il a dans le ventre, avec talent et passion, mais là aussi, la comparaison avec De Niro fait très mal. Jamais le premier n’aura ce mélange de puissance et de finesse du second. Un Scorsese sans Schrader et/ou Bobby, ça le fait difficilement

Écrit par : Chris | 08/08/2005

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